Quentin Carnaille est né à Roubaix en 1984. Après avoir étudié l’architecture (diplômé en 2009 de l’Institut Supérieur d’Architecture de Tournai), il réalise ses premières pièces dans lesquelles il intègre de vieux mécanismes horlogers. Détournés de leur vocation première, ceux-ci deviennent les ornements de bijoux ou d’accessoires qui, par-delà leur aspect décoratif, posent déjà la question du temps et de la relativité de son passage, thème récurrent dans l’œuvre de l’artiste.
À cette première phase de recherche succède une période d’intense créativité au cours de laquelle Carnaille diversifie son usage des mécanismes horlogers. Libérés de leur agencement mécanique, reliés entre eux par des aimants, ils se présentent désormais au regard comme de véritables sculptures. C’est ainsi que naît la série « Horlogerie », dans laquelle l’artiste exprime un rythme intime et donne à ses interrogations une portée universelle en se tournant vers le futur. Composée de créations originales et d’hommages à certaines œuvres iconiques, « Horlogerie » installe Quentin Carnaille dans le paysage artistique.
Son travail connaît alors un nouveau virage. À côté de ses expérimentations sculpturales qui continuent de se diversifier (ainsi « Apparition », dans laquelle il emprisonne les pièces de montre dans la glace), Quentin Carnaille s’ouvre à de nouvelles formes d’expression au travers d’installations et de happenings. Suite logique, prolongement : ceux-ci rapprochent son travail d’un minimalisme conceptuel pleinement exprimé dans « Introspection ». Première œuvre dépourvue de rouages d’horlogerie, « Introspection » associe une esthétique résolument épurée aux pensées métaphysiques de l’artiste et invite le spectateur à un retour sur soi, tout en encourageant une méditation sur l’humain et ses origines.
Poursuivant sur cette lancée, « Identité » voit le jour en 2017. Cette fois-ci, Carnaille sort de son atelier pour investir l’espace public : ses cubes facettés de miroirs viennent recouvrir, pendant trois semaines, les visages des sculptures figuratives de la ville de Lille. Démonstration de force, « Identité » transforme les sculptures commémoratives en œuvres contemporaines, réveillant l’intérêt du public et interrogeant les notions d’altérité et de perception. Ce projet marque un moment fort dans son parcours, faisant de lui l’héritier d’une lignée d’artistes désireux, selon les mots d’André Malraux, de « mettre l’art à portée de tous ».
En avril 2026, Quentin Carnaille rejoint la Galerie Outsiders à Rouen, qui accompagne désormais le développement de son travail et présente ses œuvres dans le cadre d’expositions consacrées aux nouvelles formes de perception et à l’art contemporain.
Ainsi se poursuit la recherche de Quentin Carnaille, quelque part entre prouesse technique et réflexion sensible, explorant le temps non plus comme une contrainte, mais comme un champ de possibles — une matière invisible à travers laquelle l’homme se définit et se projette.


