Camille Boulard
Carbone, 2025
Acrylique sur toile
142 x 182 cm
55 7/8 x 71 5/8 in
55 7/8 x 71 5/8 in
Copyright The Artist
€ 4,500.00
Série « Carbone » 1. Une empreinte du temps La série Carbone ne cherche pas à représenter le réel, mais à inscrire des gestes et des transformations dans la...
Série « Carbone »
1. Une empreinte du temps
La série Carbone ne cherche pas à représenter le réel, mais à inscrire des gestes et des transformations
dans la matière. Chaque œuvre est un fragment du temps figé dans un processus. Le geste pictural n’y
est jamais purement décoratif : il est une trace persistante, un écho de ce qui a eu lieu, de ce qui a été
traversé, souvent invisiblement. La notion de « trace » devient centrale : trace du feu, du corps, de l’eau,
du temps — une forme d’archéologie intuitive.
2. Le pigment : un noir fait de feu et de main
Le choix de fabriquer son propre pigment à partir de bois brûlé est à la fois un retour aux sources et un
acte d’engagement. Il y a là une volonté de maîtriser toute la chaîne de production. De partir de la matière
brute, transformée par le feu, pour en extraire une encre dense, instable, mais vibrante. Ce noir n’est pas
uniforme : il varie selon l’essence, le degré de chauffe, le broyage. Il devient un langage vivant, un noir à
mémoire, profondément inscrit dans le corps de l’œuvre.
3. L’eau et le temps comme co-auteurs
Ne pas peindre contre la matière, mais avec elle. L’eau, les solvants, l’évaporation, le séchage — tous
ces phénomènes naturels deviennent des partenaires silencieux dans le processus. En pulvérisant de
l’eau ou des dissolvants sur la couche encore fraîche, j'engages une dynamique où l’imprévu a sa place.
Le temps de séchage devient un temps de transformation, presque alchimique. La matière se modifie
sans que je n’intervienne. Cette patience du geste fait de chaque pièce un espace de dépôt, de
ralentissement.
4. La strate : superposition et effacement
Chaque œuvre est construite par strates successives. J'ajoute, masque, creuse, dissous. Certaines
couches affirment, d’autres effacent ou estompent. Ce processus de sédimentation picturale évoque le
passage du temps dans la matière : rien n’est tout à fait visible, rien n’est complètement caché. Le
spectateur devine, lit entre les couches, ressent ce qui a été là et a disparu. Cette logique fait de la surface
un palimpseste.
5. Le support comme corps actif
Qu’il s’agisse de toile ou de zinc, le support n’est jamais neutre. Il faut l’anticiper, le préparer. La toile est
tendue, sous-couchée, pensée pour accueillir les gestes. Le zinc, lui, est attaqué à l’acide, oxydé, usé
avant même l’intervention picturale. Ce travail préliminaire influence profondément la manière dont la
matière se déposera, dont la lumière jouera avec les surfaces. Le support devient une voix silencieuse,
une tension de fond.
6. Les outils : extensions invisibles du corps
Le choix des outils n'est aucunement dû au hasard. Certains sont conçus, modifiés, détournés, pour correspondre à mon
intention. L’outil devient un médiateur entre mon corps et la surface, un traducteur de gestes. Une erreur de
forme, de rigidité, peut trahir le propos. Un outil juste s’efface, et laisse la matière parler. Cette exigence artisanale donne à mon travail un sens profond, où la main de l’artiste ne domine pas la matière, mais l’accompagne.
7. Le cadre brûlé : un prolongement naturel
La caisse américaine, réalisée selon la technique du yakisugi, n’est pas un simple contour. Elle est issue
du même feu que le pigment. Elle devient une extension matérielle de l’œuvre. Ce choix est architectural :
l’œuvre est pensée dans sa globalité, comme un objet à part entière, et non comme une simple surface
accrochée. Le cadre ne contient pas, il complète. Il renforce cette idée que Carbone est une
peinture-objet.
8. Une abstraction ouverte, libre de lecture
Mon approche de l'abstraction ne cherche pas à imposer une émotion ou un message. Elle est un espace libre. Une fois
l’œuvre terminée, elle est laissée ouverte à l’interprétation. Il ne s’agit pas d’un retrait de l’artiste, mais d’un
engagement de confiance envers le spectateur. Chacun vient avec ses références, son humeur, ses
blessures ou sa lumière. L’œuvre n’est pas une énigme à résoudre, mais un miroir sans bords. Elle existe
pleinement, sans besoin d’être expliquée.
1. Une empreinte du temps
La série Carbone ne cherche pas à représenter le réel, mais à inscrire des gestes et des transformations
dans la matière. Chaque œuvre est un fragment du temps figé dans un processus. Le geste pictural n’y
est jamais purement décoratif : il est une trace persistante, un écho de ce qui a eu lieu, de ce qui a été
traversé, souvent invisiblement. La notion de « trace » devient centrale : trace du feu, du corps, de l’eau,
du temps — une forme d’archéologie intuitive.
2. Le pigment : un noir fait de feu et de main
Le choix de fabriquer son propre pigment à partir de bois brûlé est à la fois un retour aux sources et un
acte d’engagement. Il y a là une volonté de maîtriser toute la chaîne de production. De partir de la matière
brute, transformée par le feu, pour en extraire une encre dense, instable, mais vibrante. Ce noir n’est pas
uniforme : il varie selon l’essence, le degré de chauffe, le broyage. Il devient un langage vivant, un noir à
mémoire, profondément inscrit dans le corps de l’œuvre.
3. L’eau et le temps comme co-auteurs
Ne pas peindre contre la matière, mais avec elle. L’eau, les solvants, l’évaporation, le séchage — tous
ces phénomènes naturels deviennent des partenaires silencieux dans le processus. En pulvérisant de
l’eau ou des dissolvants sur la couche encore fraîche, j'engages une dynamique où l’imprévu a sa place.
Le temps de séchage devient un temps de transformation, presque alchimique. La matière se modifie
sans que je n’intervienne. Cette patience du geste fait de chaque pièce un espace de dépôt, de
ralentissement.
4. La strate : superposition et effacement
Chaque œuvre est construite par strates successives. J'ajoute, masque, creuse, dissous. Certaines
couches affirment, d’autres effacent ou estompent. Ce processus de sédimentation picturale évoque le
passage du temps dans la matière : rien n’est tout à fait visible, rien n’est complètement caché. Le
spectateur devine, lit entre les couches, ressent ce qui a été là et a disparu. Cette logique fait de la surface
un palimpseste.
5. Le support comme corps actif
Qu’il s’agisse de toile ou de zinc, le support n’est jamais neutre. Il faut l’anticiper, le préparer. La toile est
tendue, sous-couchée, pensée pour accueillir les gestes. Le zinc, lui, est attaqué à l’acide, oxydé, usé
avant même l’intervention picturale. Ce travail préliminaire influence profondément la manière dont la
matière se déposera, dont la lumière jouera avec les surfaces. Le support devient une voix silencieuse,
une tension de fond.
6. Les outils : extensions invisibles du corps
Le choix des outils n'est aucunement dû au hasard. Certains sont conçus, modifiés, détournés, pour correspondre à mon
intention. L’outil devient un médiateur entre mon corps et la surface, un traducteur de gestes. Une erreur de
forme, de rigidité, peut trahir le propos. Un outil juste s’efface, et laisse la matière parler. Cette exigence artisanale donne à mon travail un sens profond, où la main de l’artiste ne domine pas la matière, mais l’accompagne.
7. Le cadre brûlé : un prolongement naturel
La caisse américaine, réalisée selon la technique du yakisugi, n’est pas un simple contour. Elle est issue
du même feu que le pigment. Elle devient une extension matérielle de l’œuvre. Ce choix est architectural :
l’œuvre est pensée dans sa globalité, comme un objet à part entière, et non comme une simple surface
accrochée. Le cadre ne contient pas, il complète. Il renforce cette idée que Carbone est une
peinture-objet.
8. Une abstraction ouverte, libre de lecture
Mon approche de l'abstraction ne cherche pas à imposer une émotion ou un message. Elle est un espace libre. Une fois
l’œuvre terminée, elle est laissée ouverte à l’interprétation. Il ne s’agit pas d’un retrait de l’artiste, mais d’un
engagement de confiance envers le spectateur. Chacun vient avec ses références, son humeur, ses
blessures ou sa lumière. L’œuvre n’est pas une énigme à résoudre, mais un miroir sans bords. Elle existe
pleinement, sans besoin d’être expliquée.
1
sur
25

